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Prévenir les risques

Les risques psychosociaux (RPS)

Les RPS sont souvent résumés par simplicité sous le terme de « stress », qui n’en est en fait qu’une manifestation.

Ponctuellement, le stress est un facteur positif pour l’individu, car il lui permet de mobiliser, sur une courte période, les ressources nécessaires et suffisantes pour affronter et surmonter une contrainte de travail particulière : charge d’activité élevée sur une période limitée, situation de travail anxiogène, tâches complexes à réaliser…

Mais lorsque l’exposition de l’agent devient régulière, voire permanente, il en résulte des troubles graves et parfois irréversibles. En voici quelques-uns parmi les plus fréquents ; ils sont autant de symptômes qui doivent alerter l’agent et son entourage.

 

Ils relèvent de 4 catégories :

  • Troubles du sommeil, de la vigilance et de l’attention
  • Augmentation de la prévalence des TMS : tensions/douleurs musculaires et articulaires, cervicalgies, lombalgies
  • Troubles digestifs : maux de ventre, coliques, gastrites, colopathies, ulcères
  • Fragilité accrue aux infections
  • Troubles dermatologiques : eczéma, psoriasis
  • Maux de tête
  • Hypertension artérielle
  • Troubles métaboliques
  • Crises d’asthme
  • Troubles cardiaques, vasculaires cérébraux et lipidiques
  • Sentiment de mal-être et d’oppression
  • Tremblements, sueurs inhabituelles, crises de larmes
  • Anxiété, sentiment de peur, voire de peur panique, crises d’angoisse
  • Colère, agressivité
  • Développement de névroses, de psychoses et de phobies
  • Nervosité, excitabilité, sautes d’humeur
  • Troubles obsessionnels compulsifs
  • Tristesse, baisse de l’estime de soi, sentiment fréquent d’échec ou de frustration
  • Attitudes négatives
  • Troubles anxio-dépressifs pouvant atteindre des formes sévères de dépression
  • Modification des habitudes alimentaires avec, selon les individus, une perte ou une prise de poids
  • Développement de pratiques addictives : consommation de tabac, de café en grande quantité, d’alcool, de drogue (cannabis, cocaïne), de médicaments et de substances psycho actives (somnifères, anxiolytiques)
  • Suicide ou tentative de suicide
  • Repli sur soi, isolement social, inhibition
  • Irritabilité
  • Incapacité à communiquer avec les autres
  • Peur de l’autre
  • Difficultés de concentration
  • Incapacité / Difficultés à respecter ses obligations professionnelles
  • Troubles de la mémoire
  • Difficultés à prendre des décisions et des initiatives (troubles du jugement)
  • Sentiment de perdre en efficacité et en professionnalisme
  • Constat avéré d’erreurs et d’oublis dans son travail

Les RPS recouvrent des risques professionnels d’origine et de nature variées, qui mettent en jeu l’intégrité physique et la santé mentale des agents, et ont un impact sur le bon fonctionnement des organisations.

On les qualifie de «psychosociaux» car ils sont à l’interface de l’individu et de sa situation de travail.

Il est souvent difficile de comprendre ce qui se cache sous le label « risques psychosociaux  » tant y sont mêlés à la fois les causes de leur apparition et les effets sur la santé des agents.

De plus, le terme « risques psychosociaux » laisse à penser que le psychosocial, c’est à dire la relation à l’autre, est toxique et représente un risque pour la santé. Or, le psychosocial n’est pas un risque, mais une ressource.

La meilleure définition est probablement celle rendue par le Collège d’expertise sur les risques psychosociaux missionné par le Ministère du travail (2011) :

« Les risques psychosociaux au travail sont les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental ».

Cette définition distingue clairement deux notions essentielles :

  • Le risque, qui est la probabilité d’apparition d’un effet négatif redouté (atteintes à la santé mentale et physique, dysfonctionnements sociaux)
  • Les facteurs de risque, qui sont les éléments de tout type (relationnels, organisationnels ou appartenant aux conditions d’emploi) qui constituent la source du risque ou les éléments de majoration du risque
prévenir les risques psychosociaux

Cette définition a le mérite d’inclure les éléments nécessaires à une démarche scientifique :

  • Les causes : conditions d’emploi, facteurs organisationnels et relationnels
  • Le mécanisme : l’interaction avec le fonctionnement mental
  • Les effets : l’altération de la santé mentale, physique et sociale

En fait, les RPS sont moins liés à l’exposition à un risque spécifique, qu’à un ensemble de facteurs tels que l’organisation des tâches, les modalités du temps de travail, les relations hiérarchiques, la complexité du travail, la fatigue liée aux transports, aux horaires de travail…

Il nous apparaît donc plus juste de parler de troubles psychosociaux.

Pourquoi envisager un diagnostic des RPS ?

Les RPS ont des coûts très importants pour toutes les organisations, qu’elles soient privées ou publiques. Ont peut citer les impacts suivants :

L’absentéisme

Il a des conséquences financières (remplacements, travail non fait…) et humaines (surcharge de travail pour les agents présents, accumulation de retards…).

Le turnover

Demandes de changement d’affectation, de reclassement, départs anticipés à la retraite, inaptitudes… sont autant de signes qui peuvent masquer une dégradation importante des conditions et des ambiances de travail.

La baisse de la qualité des services délivrés

Des agents soumis durablement à des facteurs de risques psychosociaux connaissent dans l’exercice de leurs missions une baisse sensible de la concentration, de l’attention, de la vigilance, mais aussi de motivation et de mobilisation. Il résulte de cette situation des erreurs et un allongement des délais pour accomplir les travaux demandés.

La dégradation du climat social

L’altération des relations interpersonnelles des agents avec la hiérarchie mais aussi avec d’autres collègues tend à s’étendre et à s’installer dans toute l’organisation. Si elle n’est pas traitée suffisamment tôt, cette situation peut devenir une source de conflit, tant au niveau individuel que collectif. La collectivité employeur, mais aussi l’encadrement, seront considérablement freinés dans leur action quotidienne d’atteinte des objectifs fixés. Mal maîtrisée, elle peut déboucher sur des mouvements sociaux, des procédures judiciaires (harcèlement moral) et des violences au travail.

L’extrême difficulté à réussir les changements

Les risques psychosociaux inhérents aux projets de changement (réorganisations, nouvelles technologies…) sont très souvent sous-estimés, voire occultés. Pourtant, pour les agents, le changement est anxiogène : craintes sur le maintien de son poste de travail, interrogation quant à sa propre capacité à répondre à de nouvelles pratiques / exigences (objectifs, mobilité, compétences…), absence de visibilité et de sens sur les modifications opérationnelles apportées. Cette situation explique souvent la non adhésion des agents au changement et parfois leur rejet.

L’altération de l’image

Avec les risques psychosociaux, la collectivité (et ses élus) met en jeu sa crédibilité auprès des usagers et de ses partenaires.